

Le cinéma d'animation serait-il en train de virer écolo ? Au studio Ghibli, la préservation de la nature est au cur des préoccupations de ses réalisateurs, Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Dans Ponyo sur la falaise (sortie le 8 avril), l'océan reprend ses droits et engloutit une ville entière, une allusion directe au tsunami qui a ravagé l'Asie du Sud en 2004. Il y a quinze ans, dans Pompoko, des tanukis (ratons-laveurs japonais) s'insurgeaient déjà contre la déforestation et l'urbanisation galopante qui défigurent le paysage. Dans Les rebelles de la forêt, de Jill Culton et Roger Allers, un ours et un cerf entrent en guerre contre les chasseurs, pour ne pas finir dans la catégorie « espèces en voie de disparition » ! Wall-E, d'Andrew Stanton, montre l'humanité désertant une Terre jonchée d'ordures.
En 2006, Nos voisins les hommes, de Tim Johnson et Karey Kirkpatrick raconte comment une bande de bébêtes en délire part à la découverte du quartier résidentiel qui s'est construit à côté de leurs bois. Pour la première fois, ils sont confrontés à l'Homme. Certes, il se situe au sommet de la chaîne alimentaire, mais pour l'intelligence et la solidarité, on repasse ! Si les jeunes téléspectateurs s'amuseront des facéties de ces personnages hauts en couleurs, cette production DreamWorks, avec son humour satirique percutant, porte un regard sans concession sur notre société, où on se complaît à s'engraisser quand les animaux ne mangent que pour vivre. Dans la version originale, Bruce Willis prête sa voix à Riton le raton-laveur, l'une des rares occasions pour le héros au marcel de Piège de cristal d'interpréter une comédie. Selon lui, un des grands regrets de sa carrière.
